Krousar Thmey - "New Family"  

Le riz au fil des saisons par les enfants de Krousar Thmey


Le Cambodge et le riz

Si vous vous promenez un jour dans la campagne cambodgienne, vous tomberez sous le charme de ces paysages de rizières à perte de vue, aux jolies couleurs vert tendre.

La riziculture est l'activité principale et la plus ancienne du Cambodge. Elle occupe et fait vivre la plupart des familles cambodgiennes qui travaillent dur toute l'année avec des techniques et des moyens restés complètement traditionnels et archaïques.

Le riz est la plus exigeante des céréales, c'est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau et de soleil pour se développer et qui prospère donc dans les pays au climat chaud et humide comme le Cambodge. Les terres du Cambodge sont très riches car elles sont irriguées et fertilisées par les eaux du Mékong qui inondent les vastes plaines de rizières dès que débute la saison des pluies.

Au Cambodge, il n'y a pas de repas sans riz.

Chacun compose son assiette en choisissant des petits morceaux de viande, de poisson ou de légumes pour accompagner son riz.

La préparation de la rizière et les semailles

Dès l'arrivée de la saison des pluies ou "mousson" au mois de mai, les travaux rizicoles peuvent commencer. cette date est fêtée par la cérémonie du Sillon Sacré que célèbrent tous les Cambodgiens. On raconte qu'autrefois le roi lui-même traçait les sillons dans la rizière sacrée et nul ne pouvait labourer ses rizières avant cette cérémonie.

Les enfants et les éducateurs ont bien préparé leur grande rizière de 10 hectares. Ils ont aménagé les petites digues qui maintiennent l'eau dans les rizières. Alors la terre devient suffisamment molle et peut être labourée et hersée deux fois de suite. Le soc de la charrue, tiré par des boeufs ou des buffles, creuse des sillions dans le terre qui permettent d'irriguer la rizière.

Les semis sont mis dans des corbeilles et sont laissés à tremper jusqu'à ce qu'ils germent. Une fois séchés, les grains de riz sont semés à la volée dans la rizière, en marchant à reculons pour ne pas les écraser. Un mois environ après les semailles, les rizières sont labourées de nouveau. la tradition veut que l'on choisisse un jour qui porte chance, un mercredi ou un vendredi.

Le repiquage du riz

En septembre, une fois que les pluies de la mousson ont été suffisante pour faire pousser les jeunes plants, il faut les repiquer dans la rizière pour qu'ils prennent de la force.

C'est un travail très fatiguant et minutieux. les enfants arrachent les jeunes plants de la rizière et les lient par de petites gerbes. ces petites paquets de pousses de riz sont lavés de leur boue, trempés toute une nuit dans des marres d'eau avec de l'engrais puis exposées à l'air sur des feuilles de cocotier.

Très tôt le matin, le repiquage peut commencer. Les enfants encore tout endormis s'installent en ligne dans la rizière et se courbent pour enfoncer les tiges dans la terre molle et les fairetenir droites, serrées les unes contre les autres.

Les enfants aiment les travaux du repiquage parce qu'ils sont souvent accompagnés de fêtes rituelles dans la rizière. par exemple, les paysans accrochent au somment d'un bambou fendu une petite boule de riz gluant et de poulet bouilli en offrnade aux Dieux pour qu'ils protègent la récolte.

L'entretien des rizières

Une fois que le riz est repiqué, les paysans et les enfants peuvent prendre un peu de repos bien mérité après ces travaux fatiguants. Il ne leur reste plus qu'à surveiller et entretenir les rizières.

Les diguettes sont constamment réparées pour que les plants de riz soient toujours irrigués. Un seul jour sans eau pourrait compromettre la récolte du riz, alors tous sont très vigilants.

Les enfants savent que l'un des ennemis du riz est le crabe des rizières. Ce crustacé aime se promener dans l'eau des rizières et coupe de son unique grosse pince les jeunes pousses. Alors les enfants s'amusent à installer des nasses en osier dans lesquelles ont été disposées des feuilles citrouilles pour capturer les crabes.

Mais l'occupation favorite des enfants est de partir tous ensemble arracher les mauvaises herbes qui empêchent le riz de pousser correctement. Ce travail leur donne l'occasion d'une bonne partie de rigolade dans les rizières.

La moisson

Au début du mois de janvier, à la fin de la saison des pluies, les rizières se couvrent de longs épis de riz en fleur, aux jolies couleurs dorées. Nous sommes en pleine saison fraîche. la moisson peut commencer.

La moisson est un travail agréable et gai qui se fait en communauté dans une atmosphère chaleureuse. Toutes les familles des villages, ainsi que les enfants de Krousar Thmey fauchent les épis à la main avec des faucilles. Une fois les épis coupés, ils sont laissés à sécher sur les diguettes puis sont liés en gerbes.

Le travail de la moisson est intense et demande la mobilisation de tous les enfants de Krousar Thmey. Mais, motivés par la joie de la belle récolte à venir, les enfants travaillent d'arrache-pied avec les adultes.

Le battage

Les gerbes de riz sont battues pour séparer le grain de la balle. L'épi de riz peut être soit battu sur une planche, soit foulé au pied dans les familles très pauvres qui n'ont pas d'attelage, soit piétiné par des boeufs ou des buffles. Les enfants de Krousar Thmey, vigoureux, le battent manuellement sur des planches.

Après le battage, le riz est mis à sécher sur des nattes de paille tressée. Pour séparer le grain de riz de la paille, le riz est secoué au vent dans de grands paniers cicrulaires le plus haut possible pour que la paille légère s'envole.

Le Cambodge est un des seuls pays où la terre ne porte qu'une seule récolte annuelle, elle doit donc être impérativement réussie. Heureusement, la récolte a été bonne cette année. Tout a été mis de côté et engrangé soigneusement pour nourrir pendant un an les 150 enfants des centres de Krousar Thmey à Sisophon et à Poïpet.

Fiers et heureux de leurs efforts, les enfants de Krousar Thmey dégustent une bonne soupe "Bobo", faite du riz nouvellement récolté.