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Sokhum, petit gardien de troupeau devenu bachelier |
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This story is currently available only in French. Please come back later for the English version. Thank you very much for your understanding! 1988. La vie suit inexorablement son cours dans le village de Swaï Sor, province de Battambang, au rythme des récoltes de riz, de l'élevage du bétail et des combats opposant les troupes militaires Vietnamiennes aux factions Khmer Rouge. Depuis sa prime enfance, Sokhum vit seul, sans parents, ni frères, ni surs. Il ne sait pas très bien quand est ce qu'il est né. Qu'importe? Il ne se souvient même plus de ses parents emportés par la guerre alors qu'il n'était qu'un bambin. Un dénommé Monuchia, habitant du village, décide de le recueillir. Monuchia est pauvre et parvient tout juste à nourrir sa femme et ses cinq enfants. Il souhaiterait que ses propres enfants aillent plus souvent à l'école, mais il a besoin d'eux pour l'aider aux champs. Aussi, adopter le jeune orphelin relève de l'aubaine pour Monuchia: même frêles, ses deux bras seront d'un grand secours pour les travaux des champs. En faire son employé permettrait à ses enfants naturels d'étudier plus assidûment Sokhum se retrouve ainsi exploité par l'homme qui l'a recueilli: aider à la culture du riz et à l'élevage du maigre troupeau de vaches deviennent ses uniques occupations. Il doit même labourer les rizières, tâche des plus éprouvantes, alors que sa petite carrure et son poids d'enfant suffisent à peine à enfoncer la charrue en terre! Faire paître les vaches lui laisse le loisir de se laisser aller à sa rêverie: si seulement il pouvait aller à l'école Ainsi passent les semaines, les mois et les années, Sokhum travaille dans les champs en regardant avec envie ceux dont il partage les repas et qui, eux, ont la chance de pouvoir aller à l'école. Il rêve, Sokhum, il espère Sokhum n'a que onze ans alors qu'il entend pour la première fois parler des camps de réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise. Nombreux en effet sont ceux qui en ces années d'occupation et de violents conflits armés abandonnèrent le peu qu'ils possédaient dans leur campagne pour fuir vers la Thaïlande et vers l'espérance d'une vie plus clémente à l'étranger. Dans ces camps de transit sont massés nombre de réfugiés dans des conditions d'hygiène sommaires. Déjà l'aide humanitaire s'organise pour améliorer le quotidien des exilés et les aider à continuer une vie décente. Sokhum entend dire que certain des "amis" y apprennent à lire et à écrire aux enfants. A compter de ce jour, Sokhum n'a plus qu'une idée en tête: quitter le petit village de Swaïe Sor pour rejoindre la Thaïlande où il pourra enfin aller à l'école. Les remords qu'il nourrit à abandonner Monuchia n'iront pas à l'encontre son rêve. Il devine bien qu'en ces périodes difficiles Monuchia compte plus que jamais sur lui pour s'occuper des cultures et des animaux. Mais le petit garçon est bien décidé. Il s'enfuira de chez Monuchia. Et rejoindra un camp. Et ce sans plus tarder! Un matin très tôt, Sokhum se soustrait à la vigilance de Monuchia et s'enfuit. Il s'en va à travers rizières et marais en direction du Nord-Ouest. Malgré la chaleur et le danger, il marche toute la journée jusqu'à rencontrer un convoi de militaires, lesquels acceptent de l'emmener jusqu'à la frontière thaïlandaise. Cinq jours plus tard il arrive au camp de Site II. Dans ce gigantesque bidonville peuplé de réfugiés cambodgiens Sokhum se sent un peu perdu. Mais il fait rapidement la connaissance de Sinath un éducateur de Krousar Thmey, association née d'initiative franco-khmère. Pour Krousar Thmey, il importe alors de venir en aide aux enfants qui, comme Sokhum, sont livrés à eux-mêmes. Rapidement le jeune garçon intègre le centre de protection de Dangrek où, avec d'autres, il peut enfin aller à l'école. Sa soif d'apprendre est telle qu'en deux ans le petit gardien couvre l'équivalent de quatre années scolaires et rattrape ainsi l'essentiel de son retard. Deux ans plus tard, en 1993, à la suite des rapatriements de réfugiés organisés par l'UNHCR (Haut Commissariat des Réfugiés aux Nations Unies), Krousar Thmey construit un centre de protection à Takhmao, quelques kilomètres au sud de Phnom Penh. Sokhum y suit Sinath qui à la responsabilité du nouveau centre et poursuit ainsi ses études dans son pays natal, au milieu des siens et non en terre d'exil. Il devient enfin un enfant comme les autres: il va à l'école, joue et rit avec ses amis sans plus avoir à se soucier du riz et des vaches de Monuchia. Il retrouve enfin des préoccupations d'enfant et fait l'expérience fructueuse d'une vie valorisante, enrichissante, et épanouissante. En juin 1998, un peu moins de huit ans après son arrivé au camp de réfugiés, Sokhum est reçu à l'épreuve du baccalauréat. Le petit gardien de troupeau de Swaïe Sor est allé bien au-delà de ses rêves... et la vie continue, prometteuse. Sokhum poursuit aujourd'hui des études d'économie à l'université de Phnom Penh. Il a su se responsabiliser en combinant études et petit boulot, ce qui lui assure une certaine autonomie. Il reste affectivement lié à Krousar Thmey et le prouve, à l'occasion, en venant aider les équipes des programmes enfants des rues. Face à des enfants tellement semblables à ce qu'il était encore quelques années auparavant, sans ressources et livrés à eux-mêmes, Sokhum prend conscience du chemin qu'il a parcouru. Il incite ses cadets à faire confiance aux équipes d'éducateurs qui lui ont permis d'échapper à la solitude dans laquelle sont plongés tant d'enfants khmers. Ils sont encore bien trop nombreux livrés à eux même dans ce pays ravagé par 23 ans de guerre. Mais comme pour le petit gardien de troupeau de Swaï Sor nous pouvons ensemble leur offrir une chance de construire un avenir meilleur. |
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