Krousar Thmey - "Nouvelle Famille"  

Histoire de Srey Mien


 

Personne ne sait qui est le père de Srey Mien et s'il est encore en vie ou pas. Vivant dans la misère la plus noire à Bangkok, avec sa fille et son fils encore bébé, la mère de Srey Mien a bien compris qu'un enfant souffrant suscite davantage la pitié des gens et rapporte beaucoup plus d'argent, qu'un enfant d'apparence bien-portant. Sujette à des otites à répétition et à des maladies de peau, Srey Mien est volontairement maintenue sans traitement médical.

Pleurant de douleur, Srey Mien passe l'intégralité de ses journées, assise près de l'un des centres commerciaux de Bangkok, avec à ses côtés, une canette vide. Elle collecte ainsi beaucoup plus d'argent que ne le pourrait sa mère.

Identifiée comme une enfant victime de trafic, Srey Mien est ramassée par la police thaïlandaise, et renvoyée à la frontière. Prise en charge par Krousar Thmey par le biais de l'Office International des Migrations, elle est d'abord confiée à un centre de protection Krousar Thmey, situé à Sisophon. Pleurant nuit et jour à cause de son otite, souffrant encore de maladie de peau contagieuse, et traumatisée par son expérience, la fillette nécessite des soins et une attention plus soutenus que ce qui peut être assuré dans nos centres de protection habituels.

Par chance, la construction de deux nouvelles maisons familiales Krousar Thmey s'achève tout juste, à proximité de Takhmao. Le couple de parents choisi est prêt à accueillir dix enfants victimes de trafic pour recommencer une nouvelle vie, dans un environnement paisible et chaleureux. Srey Mien est l'une d'eux.

Les premiers mois sont épuisants. Les problèmes de santé de la fillette sont traités grâce à des dons de médicaments, et sa nouvelle maman surveille son évolution jour après jour. Recouvrer la santé prend beaucoup de temps.

Par ailleurs, Srey Mien a du mal à s'adapter à sa nouvelle famille. Elle commence par appeler ses parents adoptifs "Oncle" et "Tante", signifiant par là son refus de les considérer comme son père et sa mère. Désorientée, elle demande à retourner à Bangkok. Comme beaucoup d'anciens enfants victimes de trafic, Srey Mien ne se sent exister qu'à travers la mendicité.

Un an plus tard, elle s'est complètement remise et a l'air d'une enfant bien équilibrée, vivant avec son "papa" et sa "maman". Elle est entrée au niveau 1 à l'école et est considérée par sa maîtresse comme une enfant vive et intelligente.

Comment aider d'autres enfants comme Srey Mien.