Krousar Thmey - "New Family"

 

 

20. Les forêts menacées de disparition?

 

 

 

Après 20 années d'instabilité politique (1970 - 1990) le Cambodge conservait encore une grande partie de ses abondantes forêts. Contrairement à ses voisins qui avaient perdu une large part de leur surface forestière. C'est donc au début des années 90, avec l'introduction du système des concessions forestières privées par le gouvernement, que la situation se dégrada rapidement.

Parmi les 10,6 millions d'hectares recensés en 1995:

- 6,5 millions d'hectares furent attribués en concessions entre 1994 et 1997 à des fins d'exploitation forestière,

- 0,7 millions d'hectares en concessions agricoles,

- les 3,3 millions d'hectares restant étant des surfaces normalement protégées (Parcs nationaux…).

Heureusement, depuis 1999, la réforme du secteur forestier a commencé. Cependant les concessions forestières ne semblent pas la meilleure façon d'exploiter les forêts au Cambodge, pour une gestion durable et assurer aux populations locales des ressources vitales.

 

 

 

Arbre à résine

 

Les arbres à résine: un revenu essentiel pour les communautés forestières

Les arbres à résine appartiennent pour la plupart à la famille des dipterocarpacées (Tchoen tiel). L'espèce la plus communément exploitée est le Dipterocarpus alatus (Tchoen tiel tock).On creuse à la base du troncs de l'arbre un trou qui est brûlé pour augmenter la production de résine. Cette dernière s'accumule dans la cavité et est récoltée environ une fois par semaine.Chaque arbre ainsi récolté rapporte 36 000 riels par an. En effet, du fait de ses nombreuses qualités, la résine est non seulement utilisée localement, mais également exportée en grande quantité vers le Vietnam, qui en revend une partie en Chine. Ce produit de la forêt procure un revenu mensuel pour les familles qui le récoltent de 150 000 à 200 000 riels (38$ à 50$). Autant dire que c'est une ressource financière vitale pour ces communautés, dont les moyens sont rares pour gagner autrement de l'argent. D'ailleurs, il a été constaté que l'endettement de ces habitants était beaucoup moins important qu'ailleurs.Malheureusement, l'exploitation forestière a tendance à faire disparaître ces arbres.Le bois ainsi vendu ne représente qu'une très faible somme d'argent non renouvelable comparé au revenu régulier qu'apporte aux habitants la récolte de la résine de l'arbre exploité pendant de nombreuses années.

Ne faudrait - il pas mieux privilégier la gestion à long terme de la foret par ses habitants plutôt que de retirer un gain éphémère de l'exploitation forestière intensive?

 

Les communautés forestières: une gestion adaptée aux besoins de la population

La meilleure façon de protéger et de gérer de manière durable la forêt est d'impliquer directement les populations qui dépendent de ses ressources. Le principe de communauté forestière se base sur la participation des habitants qui doivent identifier leurs besoins et donc orienter leur gestion pour répondre à ceux - ci. Ils doivent trouver un équilibre entre la nécessité de ressources quotidiennes et la gestion à long terme de leur environnement. Les femmes doivent particulièrement être impliquées dans le projet car elles jouent un rôle important dans la collecte des produits forestiers.

Pour garantir aux membres de la communauté la légitimité de leur action, il est indispensable qu'ils soient soutenus par le gouvernement, le gouvernement local et les autorités forestières. Pour les réalisations techniques, le Département des Forêts et les ONG peuvent soutenir leurs travaux et leur apporter des solutions adaptées à leurs besoins. Ainsi les communautés forestières pourront continuer à jouir durablement de leurs forêts tout en la gérant et en améliorant leurs conditions et cadre de vie. [suite]